Tags: christophe, curutchet, maroc, prison
Je parlais déjà de Christophe Curutchet dans ce billet «Christophe Curutchet».
Toujours aucun bruits dans nos grands médias nationaux, c’est vrai, il y a des sujets nettement plus intéressant (suivez mon regard).
Donc des nouvelles de Christophe Curutchet, il a été condamné à 10 ans de prison, peine réduite à 8 ans en appel par le tribunal de Tanger.
Un petit rappel de l’histoire.
Un container transportant du textile entre Casablanca et Tanger a été contrôlé, pendant ce contrôle, il a été découvert 1.4 tonnes de haschich.
«Averti de cette affaire, Christophe s’est rendu DE SON PLEIN GRE le 17 septembre à Tanger pour rencontrer les autorités et a été aussitôt incarcéré. Le 18 avril 2007, la Cour d’Appel de Tanger le condamne à 8 ans de détention.»
Christophe ne cesse de crier, scander, son innocence :
«Je suis victime d’une machination orchestré par un réseau de mafieux. Au début, on nous a conseillé de faire confiance à la justice ou encore de ne pas communiquer. Aujourd’hui, force est de reconnaître que la justice n’a pas évolué sur ses positions et que je croule en prison pour des faits que je n’ai pas commis. Se retrouver derrière les barreaux au nom de mon statut au sein de l’entreprise, sans preuve aucune, sur simple décision judiciaire car je n’ai pas pu prouvé mon innocence. Quelle innocence ? Quelle culpabilité ? Je n’ai rien à voir, ni de près, ni de loin, avec cette machination»
Des questions, il y en a sans réponses :
Son avocat, Maître Ziane, déclare :
«Mon client a été condamné à une peine très lourde alors que la justice n’a aucune preuve contre lui. De quoi l’accuse-t-on ? De trafic de drogue ? Pourquoi l’expéditeur et le destinataire n’ont même pas été entendus ? Comment se fait-il que la justice n’a pas approfondi l’enquête sur la disparition du disque, obligatoire, pour tout transporteur ? Le chauffeur ayant déclaré sa… perte. Au rayon des témoignages, aucun ne met en cause Christophe Curutchet, qui avait redoublé de vigilance quant à d’éventuelles mésaventures de ce genre. Malheureusement, cela n’a pas suffit. C’est une catastrophe. C’est la vie et le destin d’un homme qui est en jeu»
De plus, un proche de Christophe, déclare :
«On n’a jamais demandé à Christophe, par exemple, qui lui aurait fourni la drogue ? Pourquoi des contacts n’ont pas été pris avec Interpol ? Le Maroc et la France entretiennent des relations très étroites au niveau de la coopération judiciaire. Dès lors, les autorités judiciaires auraient pu diligenter une enquête en toute discrétion afin de faire toute la lumière sur les acteurs du trafic. De plus, pourquoi autant de discrétion sur ce dossier ? Cherche-t-on à couvrir une personne, un groupe d’individus ?»
Des lacunes, non, des trous :
- Disparition du rapport d’activité lors de la journée de «chargement» du container : l’entreprise de gardiennage aurait déclaré que des policiers auraient réclamés les notes; des notes qui sont introuvables aujourd’hui,
- Un disque qui disparaît dans la nature et un chauffeur libéré en première instance,
- Des acteurs incontournables comme l’expéditeur[1] et le destinataire[2] non entendus,
- Trois manutentionnaires qui ont écopés de 4 ans de prison et un homme privé, lui aussi, de liberté, pour des motifs relativement légers (contrairement à la peine).
«Seule Sa Majesté le Roi Mohammed VI peut me sortir de cette impasse. Mon unique alternative, c’est la grâce royale. Il a ma vie entre ses mains. Ma famille, mes amis, me soutiennent. Les médias français se font l’écho de mon histoire, mais je souhaite par-dessus tout recouvrer ma liberté en prouvant mon innocence. Un transfert en France ? Pas question. Cela voudrait dire que je suis un trafiquant de drogue. Je me battrai jusqu’au bout, je ne lâcherai rien tant que la vie me le permettra. Majesté, je suis innocent ! »
Il observe depuis fin décembre une grève de la faim pour clamer son innocence. La France souhaite-t-elle une grâce royale maintenant que tous les recours juridiques ont été épuisés ?
Soutenons Christophe Curutchet Libérez Christophe



Depuis 2003, Christophe est directeur de 2 agences de transport basées à Casablanca et à Tanger, filiales du groupe STE, basé à Troyes.




